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En Allemagne, une association épaule les adeptes de l’extrême droite désireux de quitter leur groupe. Grâce à un accompagnement personnalisé favorisant la discussion, elle les aide à démarrer une nouvelle vie.
La honte. Voilà ce que ressent Felix Benneckenstein, 31 ans, lorsqu’il repense aux textes racistes qu’il chantait en concert il y a 8 ans. « J’ai écrit que les Noirs étaient un problème pour l’Allemagne et qu’ils ne pouvaient pas rester ici. Aujourd’hui, j’y repense tous les jours », confie-t-il au téléphone. A cette époque, le chanteur-guitariste, qui se faisait alors appeler « Flex », était le fondateur de la Kameradschaften[1] de la petite ville d’Erding, dans la région de Munich. Un ardent militant, qui répondait présent à tous les défilés néo nazis organisés près de chez lui. Un provocateur toujours en quête d’une nouvelle bagarre. Un autre homme.
Pourtant, rien ne prédestinait Felix à rallier les néonazis. Le jeune Allemand est né dans une famille aimante, stable, avec des parents ouverts d’esprit. Mais à l’adolescence, tout se complique. Elève rebelle, Felix est renvoyé de plusieurs écoles. Il nourrit une haine féroce contre toute forme d’autorité : ses parents, ses enseignants, la police et l’Etat.
Lorsque sa famille déménage dans la périphérie de Munich, il se fait de nouveaux copains qui lui font écouter du rock d’extrême droite. Curieux, il cherche à comprendre le sens des paroles. Et met un premier pied dans le bain néonazi. Felix télécharge sur eMule[1] des livres en format PDF, interdits en Allemagne. La prochaine étape est celle de trop : contacter la section locale du NPD[2], le parti néonazi allemand, pour avoir de la documentation. « Ils étaient heureux d’avoir un gamin de 15 ans qui leur demandait des informations. Comme j’étais déscolarisé, c’était parfait. Pour eux, j’étais libre » analyse-t-il avec du recul. Pour Felix, c’est le début de l’endoctrinement et de neuf années dans le mouvement.
Quand il entend pour la première fois des théories conspirationnistes sur l’Holocauste, le jeune homme est dubitatif. « Mais quand tu n’as que des amis qui disent qu’il n’a jamais eu lieu, tu finis par penser que c’est la vérité », confie-t-il.
Retrouvez la suite de ce reportage ici, avec Hélène Bielak à la plume et Simon Lambert derrière l’objectif.
[1] Plateforme de téléchargement en peer to peer
[2] Nationaldemokratische Partei Deutschlands ou Parti National-Démocrate Allemand. La formation politique a été fondée en 1964 par des nationalistes conservateurs et des anciens nazis. Aujourd’hui, le parti compte environ 4500 membres.
[1] « Camaraderie », sorte de groupuscule local qui rassemble des personnes, souvent jeunes, partageant les mêmes positions d’extrême droite
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]]>Avec sa crête rose délavée, ses baskets fluo, son jean serré et ses multiples piercings, Lawrence donne l’apparence d’un Berlinois branché comme les autres. Mais s’iel s’affiche ainsi aujourd’hui, c’est qu’iel peut enfin le faire. « J’ai fui pour être qui je suis », résume-t-iel simplement, assis en tailleur dans un café du quartier cosmopolite de Neukölln à Berlin.
Berlin, le dernier arrêt d’un parcours d’exil entamé il y a dix ans. Né en Syrie il y a 26 ans, Lawrence est non-binaire. Sa mère, l’unique membre de sa famille, l’a toujours accepté et aimé tel qu’iel était. Mais hors du foyer familial, le harcèlement était quotidien, dans un pays où l’homosexualité est toujours un crime. « Dès mon enfance, tout ce dont je rêvais c’était de quitter cet endroit, raconte-t-iel en buvant un thé fumant. Quand j’avais 16 ans, je me faisais malmené par des gamins de 10 ans. A cet âge, les enfants peuvent être très méchants. »
Pourtant, c’est bien en Syrie que Lawrence fait ses premiers pas dans le monde queer. « On était une petite communauté, on faisait des soirées en secret de temps en temps. En Europe, je rencontre beaucoup de Syriens qui me demandent : “Mais où étais-tu ? C’est l’Europe qui t’a changé”. Mais on a toujours été là, juste sous leur nez ! » s’amuse-t-iel.
Pour lire la suite de ce reportage d’Hélène Bielak à la plume et de Simon Lambert à la photo, cliquez ici.
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C’est une vieille longère, typique du coin, perdue au fin fond d’une île sur la Loire. Sur le flanc de la maison en pierre, un visage s’affiche sur fond rouge. Traits anguleux, grand front dégarni, petite barbichette et air austère. Ce premier Lénine assure aux visiteurs qu’ils sont arrivés à bon port. Ici, dans sa maison, où des dizaines de ses répliques attendent les curieux.
Mais que fait un lieu dédié au leader bolchévique à Chalonnes-sur-Loire, 6.700 habitants au compteur, en pleine campagne d’Angers ? « Lénine n’était pas d’ici, et alors ? Jésus-Christ était d’ici peut-être ? Non, et pourtant il y a deux églises à Chalonnes ! »
Derrière ses lunettes de vue teintées à la John Lennon, Martine Thouet sourit. Cette reine de la répartie est aussi celle du Lenin Café. Teint hâlé, cheveux blonds peroxydés très courts et sourire inoxydable, elle rayonne dans sa robe rouge au décolleté plongeant. En cette fin d’après-midi de mai, elle discute avec ses clients sur la terrasse du café, tutoie tout le monde, éclate de rire bruyamment. Le tout sous les petits yeux sévères de son idole, le père de la révolution russe.
Voilà dix ans que le Lenin Café est né, sur les bords de Loire. Bistrot-musée associatif, on peut venir y prendre un verre, manger un repas russe, écouter un concert ou jeter un œil à l’improbable collection de reliques soviétiques exposées. Des dizaines de bustes, statuettes et tableaux de Lénine, bien sûr, mais aussi des livres, des affiches de propagande, des disques russes, des roubles, etc.
Le fruit d’une collection entamée il y a quarante ans dans les ex-pays du bloc de l’Est : Pologne, Ukraine, Bulgarie, Roumanie, République tchèque…. Des territoires que Martine Thouet sillonne sans cesse depuis ses 19 ans.
Le lieu est presque unique en Europe. Seul un autre musée en Finlande à Tampere est aussi voué à Lénine. À Paris, l’appartement du 14e arrondissement où ont séjourné Lénine et sa famille pendant leur exil de 1909 à 1912 a bien servi de sanctuaire pendant un temps, mais il a fermé ses portes il y a dix ans.
Retrouvez la suite du reportage d’Hélène Bielak et de Simon Lambert en textes, en photos et vidéos sur le site de Sept Infos et du Quatre Heures.
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