Le manque de formation à la prévention des risques est souvent invoqué dans les accidents mortels impliquant des jeunes, stagiaires ou apprentis. Mais ce n’est pas la seule explication.
Le 13 septembre, une marche blanche était organisée en mémoire de Matis, mort en travaillant, enseveli sous du goudron brûlant. Il avait 19 ans. Début juillet, un stagiaire de 16 ans est mort heurté par le godet d’un engin agricole sur une exploitation du Maine-et-Loire.
En juin, une jeune femme de 19 ans en stage dans une ferme corrézienne est décédée après avoir été percutée par un taureau tandis que dans la Manche, Axel, un stagiaire de 16 ans, était écrasé par une palette au cours d’un déchargement de marchandises.
En mai, Lucas, 17 ans, a reçu une poutre métallique sur le corps dans une usine. Il en est mort, quelques jours avant de passer son bac pro. Fin avril, Lorenzo, un apprenti maçon, est décédé à 15 ans, percuté par une pelleteuse sur un chantier.
Ces drames interrogent. Avec 3,49 accidents du travail mortels pour 100 000 travailleurs en 2022, tous âges confondus, la France figure parmi les plus mauvais élèves de l’Europe en la matière. Par rapport à 2021, elle perd même deux places pour se retrouver à l’avant-dernière position, Malte fermant la marche.
Dans l’Hexagone, la fréquence des accidents du travail est 2,5 fois plus importante chez les jeunes. En 2023, 33 décès de salariés de moins de 25 ans ont été enregistrés par le régime général de la Sécurité sociale, qui fait état dans son rapport annuel de 28 morts en 2019 pour cette catégorie d’âge. Si les chiffres ne sont pas publiés avant cette période, le nombre de décès parmi les jeunes ne s’améliore pas depuis lors : 20 en 2020, année du Covid, mais 29 en 2021 et 36 en 2022.
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Manque de formation, précarité, réglementation assouplie et défaut de sanctions, retrouvez les explications à ce phénomène dans la suite de l’article de Marion Perrier, sur le site d’Alternatives Economiques.







